Pour que Grise Neige attende son prince charmant...


"Le fléau de la vieillesse n'est plus inéluctable."

 Une des peurs qui régit l'humanité reste celle de la mort. Qu'est-ce que ne ferait pas l'être humain sous prétexte de sa propre survie ? Quel principe moral ne violerait-il pas, quelle bassesse ne commettrait-il pas ? C'est bien par crainte pour sa propre survie, et pour satisfaire son égo de dominateur se sachant sur le déclin, que l'humanité a toujours affronté physiquement la communauté des peaux grises plutôt que de chercher à la comprendre et à l'intégrer. Nous allons aujourd'hui interroger Otto, un très mignon homosexuel allemand, qui au cours de son passé d'activiste, a été confronté à l'épreuve du SIDA. Aujourd'hui transformé, il a choisit de révéler son histoire au public, pour mettre en avant ce qu'il a vécu comme une révélation.

Bonjour Otto. Parle nous un peu de tes origines, de ta vie précédant ta transformation.
Bonjour à vous. Vous savez, je me suis toujours senti très concerné par les problèmes communautaires, et pour cause, j'ai pris conscience de mon orientation vers mes 13 ans. A l'époque, je paniquais, mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir toutes ces attentions pour mes camarades de jeu. Certains en ont bénéficié, mais d'autres ont dénoncé mes comportements ambigus, et j'ai dès lors appris qu'il fallait se cacher au grand jour pour aimer. J'ai donc commencé à fréquenter le milieu gay vers mes 16 ans, à avoir mes premiers copains, à prendre conscience de toutes les possibilités que m'offraient mon corps et mon esprit pour entamer ma future vie d'étudiant. J'ai terminé le lycée sans histoire, pour enfin prendre mon appartement et vivre enfin ma vie durant ma licence de psycho. C'était l'euphorie. Je pouvais sortir avec qui je voulais, fréquenter qui je voulais, aimer qui je voulais... J'avais tellement d'amour à donner, je crois que je n'ai plus compter à partir de ma seconde année. Il y avait tellement de gens merveilleux dans ma communauté, qui avaient suivi différents parcours, mais qui voulaient s'unir, et se retrouver unis par un même désir, une même identité !

C'est dans ces circonstances que tu t'es rapproché du militantisme ?
En effet. Je n'ai jamais oublié mes premières expériences désastreuses, et les comportements qu'on avait eu à mon égard. Pour moi, l'homosexualité doit se voir, être éclairée en pleine lumière, afin que la vérité soit connue de tous. J'ai encouragé donc beaucoup de contacts à afficher publiquement leur désir, parfois en leur rendant visite au travail ou chez eux. Certains ont parfois eu des réactions très violentes, disant que je violais leur espace privé, et qu'ils n'avaient pas à assumer leur sexualité en public. C'est devant autant de contradiction que j'ai su qu'il fallait mener le combat pour nous tous, pour prouver au monde que nous existions. Je n'ai plus aimé de la même façon après ce constat, chaque baiser, chaque caresse, chaque sodo devenait un acte militant. Je me suis donc beaucoup documenté sur le sujet, j'ai pris des options dans mes études pour me perfectionner dans les sciences sociales traitant de ces questions. J'ai appris à aimer la sodomie, j'ai appris à être fier de tout ce qu'on me présentait pour m'humilier, j'ai appris à faire la promotion des méthodes de contraceptions pour ne jamais mettre de barrière à tout cet amour que je voulais partager avec mes confrères. J'étais jeune, j'étais beau, je les sentais contre mon dos.



Et c'est dans ce contexte transcendant que le sort s'est abattu sur vous...
C'était fatal, une existence aussi riche ne pouvait durer indéfiniment... Je revois encore Maurice qui me disait en pleine partouze qu'on n'avait plus de capotes, et qu'il était seulement une heure du matin. Alors nous avions continué. J'ai continué à vivre ma vie à 100 à l'heure, suivant d'un oeil les actions d'act-up et de l'autre la vie associative qui régnait sur le campus. J'ai participé à l'organisation de quelques évènements, ce qui m'a fait connaître encore davantage de monde et qui m'a permis d'élargir encore le cercle de mes intimes. Puis les premières manifestations du VIH sont apparues. Ca a été un choc, la descente a été sévère. Impossible de me rappeler qui m'avait contaminé, et autant dire que je ne me rappelais plus si je m'étais protégé au delà de la semaine passée. C'était injuste ! Injuste de me retirer tout ce qui faisait ma vitalité, mon univers. Dès que tu es fiché SIDA dans le milieu, tu deviens pire qu'une vieille tante, tout le monde est au courant et personne ne boira plus dans ton verre. Il ne me restait plus que le militantisme, faire payer ceux qui n'avaient pas encore mis au point un traitement efficace, ceux qui n'informaient pas assez les gens des risques du manque de protection... Certains y ont excellé. Mais je ne pouvais me résoudre à perdre mes atouts physiques, mes habitudes, ce style de vie qui me définissait en tant qu'homosexuel humain. Puis j'ai appris que certains avaient tenté la transformation pour échapper au cancer. Toutes les maladies ou presque étaient soit-disant stoppées par la transformation. J'ai réfléchi quelques heures, puis j'ai voulu sauter le pas. J'ai contacté sur Hornet un zombi que j'ai trouvé mignon pour faire cela dans de bonnes conditions, et j'ai fait l'amour une dernière fois sans protection, pour garder en mémoire ces dernières sensations, ces derniers instants que je vivais en tant qu'homme non transformé.

En quoi la transformation a-t-elle changé votre existence ?
Elle a tout changé. Le SIDA a été stoppé net, sans la moindre prise de traitement médicamenteux. Et surtout, ma jeunesse a été préservée. Certes, le changement de communauté entraîne son lot de difficultés, il faut se mettre au courant des nouveaux codes. Les canons de beauté changent, les poils ne poussent plus, mais les fluides corporels sont une plaie à contrôler. Je dois vous dire que pour conserver des couleurs, j'ai dû tripler mon temps de passage devant le miroir. Il faut accepter de nouvelles formes de beautés chez le zombie, mais j'ai toujours de l'amour à revendre, encore davantage. Les sensations s'atténuent peu à peu après la transformation, donc j'ai augmenté la fréquence de mes rendez vous, pour essayer de retrouver la puissance de ce que j'éprouvais à l'époque. Je rencontre beaucoup de zombies, mais aussi, de plus en plus d'homo humains veulent essayer avec nous. La communauté LGBTQIMVFDP+++  a toujours été très ouverte et curieuse avec les nouveaux venus. Je ne pouvais qu'être fidèle à ce mantra ! Maintenant que j'ai une éternité de beauté et de jeunesse, je vais pouvoir tout donner à mes compagnons et pour ma cause. Je suis jeune. Je suis beau. Je veux tous leur goûter la peau !



#greyskinmatters

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