Débat : la nature profonde du zombie

 Dans la recherche d'un consensus scientifique sur le fonctionnement social et cognitif des zombies, nous avons l'opportunité aujourd'hui de relayer un échange organisé entre deux chercheur.euse.s en la matière : le professeur américain Franck Nichols, ancien neuro-chirurgien depuis reconverti dans "l'étude" des zombies (un programme de recherche dans un bunker secret qui aurait été suspendu) est partisan de la théorie de l'hémisphère gauche, et la chercheuse en bio-sociologie Fatimata Irapabaou, davantage partisane de la théorie des instincts primaires (issus de l'hémisphère droit).

Fatimata Irapabaou

Franck Nichols (avec une de ses patientes)


FN :Tout peut se résumer en une question : d'où provient le comportement d'un zombi ? Comment s'opère ce retour fondamental aux actions basiques de la vie du sujet ? Car si nous avons vu parfois des complexifications du raisonnement zombie, tout s'opère comme un retour aux sources. Nous savons déjà que la zombification est un processus viral, dont l'agent pathogène a été identifié, même s'il présente toujours quelques zones d'ombres ainsi qu'un puissant potentiel mutagène. C'est donc sur la piste de la maladie que j'ai fondé mon axe de recherche, et en voici les conclusions : le virus altère également la perception de la réalité.

FI : Ce raisonnement me semble biaisé.

Egalité & Réconciliation pour les Zombies : Continuez professeur Nichols.

FN : Le virus, disais-je, se développe dans le corps, et plus particulièrement dans le cerveau, d'une façon bien spécifique. Tout le monde est au courant du maintien relativement actif du cervelet qui assure la motricité du corps, mais les régulières anomalies des comportements zombis nous ont incité à étudier l'intégralité du cerveau lors des zombifications, et le changement d'activité qui s'y opère. On a constaté que l'hémisphère gauche subit une activité intense durant le processus, et que certaines zones relatives aux sens et à la perception du monde extérieur sont régulièrement stimulées et en activité durant l'après-vie du sujet. Il est évident que nous avons découvert une propriété encore méconnue de ce virus, qui modifie la perception de la réalité du sujet.

FI : Seriez vous en train de dire que les zombies sont des malades mentaux ? C'est très grave de psychologiser ses adversaires pour les généraliser et rejeter leurs revendications.

FN : D'une certaine manière. Les zombies ne voient plus la réalité telle qu'elle est...

FI : Telle que vous la voyez ! La réalité est une question de point de vue et vous manquez clairement de recul !

FN : Telle qu'elle est, mais telle que le virus de l'hémisphère gauche la leur fait voir. Ce prisme, que je qualifierai de compulso-gauchisme, ne cesse de s'accentuer au fur et à mesure du développement du virus. Ainsi, le zombie s'auto-entretient dans une vision déformée du réel, il y agit avec ce biais qui confirme ses actions et l'amène toujours à renforcer sa vision, faisant fi de tout sens critique. Sans vouloir psychologiser les zombies, forcés nous sommes de reconnaître qu'ils perçoivent une réalité plus ou moins gravement altérée par leur maladie. Cela leur enlève une part de responsabilité dans les actions parfois terribles qu'ils commettent.

FI : Ne commencez pas à amalgamer les actions de quelques déséquilibrés avec l'ensemble des zombies.

Une des expérimentations du professeur Nichols... Sans commentaires.


E&RZ : Allons messieur.euse.s, ne nous embarquons sur le fleuve de la haine. Nous vous avons écouté professeur Nichols, c'est à vous d'exposer votre théorie docteure Irapabaou.

FI : Merci E&RZ. Je tiens à réfuter tout ce que mon collègue vient de dire, et je soupçonne le fond de son idéologie d'être plus qu'haineux à l'encontre des zombies. Grâce aux sciences sociales et à l'étude morphologique des zombies, nous sommes arrivés à une conclusion tout à fait différente qui, j'en suis sûre, sera la plus satisfaisante pour tous les partis impliqués.

FN : Les sciences sociales ne sont pas une science.

FI : Non, c'est faux ! Il y a eu des tas d'expériences qui ont pu être scienfiquement menées dans un cadre...

FN : Dans un cadre où on remarque toujours des biais psychologiques monumentaux en analyses post-expérimentale.

FI : Ne me mansplainez pas ! Ne me mansplainez pas !

E&RZ : Ne la mansplainez pas, monsieur.

FI : Merci E&RZ. Nous avons passé en revue l'ensemble des comportements zombies dans leur plus grande généralité (en écartant les comportements non représentatifs), et nous en sommes venus à la conclusion que l'ensemble des comportements basiques que nous avons observé chez les zombies et qu'on leur reproche (agressivité, survivalisme, communautarisme...) est dû à une résurgence des instincts primitifs qui étaient... qui sont enfouis en chaque être humain. Des instincts comme l'auto-défense, la propriété privée, la prédominance de la famille... Des instincts souvent partagés avec ceux qui combattent les zombies, flingue et bouteille en main.  Vous comprenez où je veux en venir : les instincts les plus communément reprochés aux zombies sont issus de leur hémisphère droit, dans des zones où le virus se développe relativement peu, mais qui continue d'affecter le fonctionnement du zombie. Alors qu'au contraire, il est prouvé scientifiquement que la transformation en zombie génère un intense élan humaniste, une solidarité sans nulle autre pareille, qui provoque la disparition de toute tension interne dans le groupe zombie, quelques soient les populations mélangées.

FN : Mais ça s'appelle le communautarisme !

FI : Non, c'est de l'intégration et de la solidarité. De la fraternité même, pourrait-on dire ! Et nous savons très bien que la solidarité est basée sur une action consciente, une volonté d'aller vers l'autre. Voilà bien pourquoi ce rassemblement inter-national va bien au delà des bas instincts de l'hémisphère droit et témoigne au contraire d'une véritable conscience sociale.

FN : Mais vous êtes en plein délire ! Vous n'avez avancé aucune preuve concrète, vous ne vous basez que sur des concensus...

FI : Consensus ma conscience universelle ! Vous êtes totalement obnubilé par cette lubie de vouloir démontrer que la zombification est une maladie ! C'est un micro-organisme proche des symbiotes, ce qui explique qu'il interagit avec les êtres humains sans pour autant alterner leur être ou leur personnalité. Il y a complémentarité, et non parasitisme hallucinatoire tel que vous le décrivez.

FN : Vous ne faites que jouer sur les mots ! Tôt ou tard, la réalité...

FI : La réalité, la réalité ! Vous n'avez que ce mot à la bouche, alors que nous savons tous qu'elle est subjective. La seule chose objective, c'est que des scientifiques comme vous ont réclamé le parckage des zombies dans des camps. Dans des CAMPS ! Ca ne vous rappelle rien ? La voilà la réalité !

E&RZ : Merci à tous les deux. Décidément, cette question de la nature profonde des zombies est encore loin d'être résolue. Mais nous avons eu ici d'intéressantes pistes de réflexion, notamment cette complémentarité du symbiote zombie et du corps humain, qui expliquerait pourquoi le peuple zombie se révèle aussi fortement unis dans la différence de leurs multiples individualités. Les recherches continuent dans cette voie, afin de mieux comprendre les zombies et de corriger toutes les mesures qui entraînent les souffrances et oppressions que nous constatons tous les jours.



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