Le changement n'est pas seulement possible, il est nécessaire.
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| "Nous pouvons transformer le monde en quelque chose qui nous ressemble." |
Nous avons aujourd'hui la chance de pouvoir relayer un témoignage particulièrement émouvant, puisqu'il s'agit de celui de Rick Grimes, un ancien policier cis genre hétéro blanc qui a longtemps opprimé la minorité zombie avant de prendre peu à peu conscience de la gravité de ses actes, et d'amorcer un changement radical dans l'organisation de sa vie et son interaction avec les autres. Aujourd'hui, il a publiquement fait de nombreuses excuses sur sa conduite passée, et a pris des engagements notamment auprès des associations partenaire.s ou soeurs de GreySkinMatters, mais également en créant une association : A Smile for Eternity, qui se charge de venir en aide aux zombies les plus stigmatisés ou handicapés par leur condition.
Bonjour Rick. Comment avez vous pris conscience de la nocivité de votre comportement prédateur ?
Bonjour. Cela a malheureusement pris très longtemps, trop longtemps pour ne pas faire de victimes. J'étais comme tout le monde avant, je suivais mes instincts, j'étais influencé par la psychologie de groupe. Il m'arrivait de décimer des maisons entières de zombies lors de certaines descentes juste pour me libérer le passage. J'ignorais à l'époque la souffrance que je provoquais chez les zombies, qui n'ont d'ailleurs jamais été responsables de leur état. A l'époque, je me regardais régulièrement dans un miroir, et ce que j'y voyais me dégoûtait, sans que je comprenne pourquoi. J'ai commencé à boire, tout s'embrouillait dans ma tête, et la frénésie meurtrière de notre groupe ne s'est jamais interrompue. Puis, un jour, des camarades m'ont jeté dans un trou d'ordure avec un zombie couvert de piquants, pour s'amuser à nous regarder nous battre. Quelque chose s'est rompu en moi à ce moment là, je ne savais plus qui était bon, qui était mauvais... Nous étions tous humains, mais d'une humanité différente. Je suis sorti du trou, et j'ai décidé que ma vie prendrait alors un changement radical.
Après cet évènement, vous avez milité pour une réforme des procédures policières...
Quand on veut commencer à changer les choses, il faut commencer par changer ce qui nous entoure directement. J'ai donc commencé par soumettre à mes supérieurs une demande pour obliger les sommations durant une intervention, et lancer des enquêtes internes sur les motivations de mes collègues de travail. J'entendais trop de jeux de mots méprisants dans les douches ou aux vestiaires. Bien évidemment, mon nom a été divulgué par les services, et ma hiérarchie complice n'a rien fait, ni pour améliorer la situation, ni pour m'épargner les vengeances de mes anciens compagnons de travail. J'ai donc dû quitter la police, mais j'ai conservé cette attitude de droiture et de justice qui m'avait fait aimer mon badge, pour poursuivre un combat que je savais nettement plus ambitieux que mes anciennes activités.
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| Mise en avant des zombies handicapés au cours d'une marche nocturne pacifique |
Votre association, A Smile For Eternity, s'est d'abord faite connaître pour la vague de procès qu'elle a lancé.
Nous avons voulu commencer fort pour marquer l'opinion publique. Il fallait qu'on siffle la fin de la récréation et que l'on commence à faire de la pédagogie, à coup de marteaux de juges pour faire entrer les idées dans les têtes. Nous avons donc suivi l'exemple des mouvements communautaires/identitaires en attaquant en justice les institutions de la police et de l'armée, qui sont toutes deux responsables de nombreux crimes contre les zombies, certifiés par un grand nombre de preuves. Nombre de témoins, zombies et humains non transformés, sont venus témoigner à la barre, et les faits étaient si accablants que l'audience a dû être interrompue à quatre reprises. L'émotion était palpable, et pour maintenir la pression sur le jury (qui ne comprenait qu'un seul zombie, pour le symbole), nombre de zombies avaient été amenés pour surcharger le hall et la salle. Cette intimidation au service de la Justice a pris, l'Etat a dû nous verser la somme de 6 000 000 $ pour réparer le préjudice de la police et 50 000 000 $ pour compenser les actes oppressifs de l'armée. Les chiffres faisant symboliquement écho aux génocides qui ont précédés dans l'Histoire. Avec une telle trésorerie, nous avions de quoi aider beaucoup de gens, et c'est ainsi que l’œuvre humanitaire de l'ASFE a commencé. Nous avions de quoi financer des frais de justice pour nous assurer la victoire au cours de prochains procès (dont nous organisions la défense selon la valeur des préjudices à compenser, afin de maximiser les bénéfices de nos victoires pour la Cause), et dans une branche nettement moins coûteuse (grâce à la volonté et la détermination de nos bénévoles), de quoi organiser un protocole d'assistance pour les zombies en difficulté. Que ce soit pour assurer leur sécurité (un garde du corps qui patrouille en faisant de l'éducation) ou simplement faciliter leur quotidien. La décomposition empêchant la cicatrisation, certains zombies ayant subis des dommages considérables se retrouvent handicapés pour l'éternité, et nous voulions corriger cela autant que possible. Moi même, je fais régulièrement des patrouilles auprès des zombies les plus exposés aux menaces du quotidien. Je n'hésite plus maintenant à imposer la tolérance par un contrôle d'identité des personnes présentant une menace (on finit par lire cela sur leur visage, la haine déforme tout), et au cours de la fouille réglementaire, j'en profite pour refaire leur éducation.
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| Rick au cours d'une patrouille avec Ernest, ex-anorexique régulièrement violenté |
Quels sont vos projets pour l'avenir ?
Comme toujours, nous prévoyons de diversifier notre activité et de nous élargir, toujours plus. La manne judiciaire continue d'irriguer notre arbre, et jamais la nécrophobie n'a autant pu servir la cause Zombie. Il faut maintenant occuper le terrain et ne rien relâcher pour éviter que le sujet ne retombe dans une indifférence quotidienne où, on le sait, se produisent les pires situations. Nous allons organiser une exposition d'art que plusieurs bénévoles ont mis en place : une galerie de sourires de zombies, qui doit rayonner pour l'éternité. Nous prévoyons déjà un gros battage médiatique, et plusieurs opérations énormes de communication concernant notre soutien dans les mouvements de population zombies, qui migrent pour préserver leur mode de vie tout en s'intégrant aux sociétés où ils s'installent, en leur apportant le meilleur d'eux même. Nous prévoyons d'équiper des convois pour faciliter et sécuriser ces flux de migration via de petites ONG que nous défendrons en cas de rétro-action du courant de pensée nécrophobe. Tout est dans le développement de l'activité sans changer la philosophie de la lutte, mais en diversifiant le combat pour globaliser et rendre incontournable notre cheval de bataille : l'Egalité des zombies n'est pas négociable et doit être acceptée par tous.
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| Un visage, un sourire |
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| Pour que notre humanité |
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| ne retombe jamais dans des heures si sombres... |
Plusieurs employés de l'Open Society Fundation ont été aperçu lors d'interventions publiques de Rick Grimes, ce qui laisse à penser qu'un sponsor officiel de cette association déjà influente pourrait accélérer encore davantage le processus d'inclusion en profondeur du peuple zombi au sein de la population américaine, française et du monde en général. Les manifestations militantes continuent de dénoncer les hypocrisies dont le monde se rend coupable à l'égard des zombies, et les mentalités changent peu à peu, grâce à un soutien progressif quoiqu'encore timide des médias. Restant au premier plan de toutes les actions servant la cause zombie, votre blog favori vous tiendra encore informé de toutes les nouvelles sur l'avancée des droits fondamentaux des nécros.
#greyskinmatters







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