L'humanité de l'après-vie : autopsie du post-transhumanisme



"Les zombi.e.s sont, avec mon travail, le futur de l'humanité."


L'humanité des Zombies a toujours été source de polémiques et pour cause, il s'agit d'une des premières excuses qui ont justifié les pires atrocités. Combien de fois avons nous entendu "Il.elle n'est plus un être humain !" avant de perpétrer un meurtre ou une agression ? Dans le mouvement GreySkinMatters, nous sommes persuadé de l'existence de l'identité zombie, et afin de rétablir l'objectivité nécessaire à l'appréciation de ce sujet capital, nous avons interviewé le docteur Herbert West, pionnier de la recherche sur le post-transhumanisme, à savoir l'étude des zombies et la mise en avant de leurs caractères.

Bonjour docteur West. Vous vous êtes toujours présenté comme un chef de file dans le domaine de la recherche zombie. Pourquoi y accordez vous tant d'importance ?
Bonjour à vous. Ravi de rencontrer des gens qui cherchent enfin à me comprendre. Mon intérêt se manifestait déjà aux cours de mes études de médecines. J'avais déjà remarqué à l'époque que les connaissances concernant l'évolution du cerveau dans les premières phases de la mort étaient très floues, et que chaque "pionnier" en la matière s'appuyait sur ce flou pour défendre sa propre théorie, sans chercher à faire évoluer le sujet. J'ai donc voulu prendre les devants et me suis livré à la création d'une drogue sensée redonner au sujet mort des impulsions de vie. Cela a été un chemin détourné pour en venir au sujet de la transformation zombie, domaine dans lequel je n'aurais jamais pensé travailler auparavant. Depuis, j'ai fait de considérables progrès en la matière, qui se heurtent hélas toujours à l'incompréhension populaire, bien trop focalisée sur les méthodes de mes protocoles expérimentaux.

Le docteur West au cours de sa visionnaire expérience sur la persistance d'activité cérébrale chez le Zombi


En quoi voyez vous le Zombi comme l'Homme Nouveau ?
Suite à mes recherches, je peux affirmer que les zombies sont plus durables que les êtres humains en général. Dans des conditions de décomposition normales, un zombi peut espérer avoisiner les 150 ans. De plus, si il est indéniable que le cerveau perd au cours de la transformation une grande partie des informations qui y sont stockées, la proportion varie d'un individu à l'autre. Durant une période d'incarcération durant laquelle j'ai travaillé pour le compte de mon gouvernement, j'ai pu grandement améliorer le processus de transfert d'information par un dispositif de stockage cognitif. Je parlais du concept d'âme à l'époque, mais j'ai abandonné l'idée, trop religieuse et rétrograde. On pourrait donc assurer une transition vers l'état global zombie de plus en plus sécurisée pour les humains souhaitant entrer dans la grande famille. C'est un chemin sans détours vers un globalisme planétaire que nous savons nécessaire et inévitable. Mais surtout, le zombie a une conscience sociale bien plus avancée que l'ensemble des populations humaines réunies. On reporte zéro cas d'agressions entre zombi.e.s. Zéro !! Et cela quelques soient les opinions, couleurs, orientations, identité.e.s, croyances des individus zombies entre eux. Toutes les violences proviennent des confrontations avec les autres populations humaines non transformées. Si ce n'est pas là un signe de cohésion sociale et de solidarité réelle, je ne comprends plus rien !

C'est donc de ces constats qu'a émergé le post-transhumanisme...
Tout à fait. L'être humain a gaspillé un temps précieux à la recherches de nouvelles technologies qui auraient pu se substituer à l'être humain dans un certain nombre de domaines, alors qu'il y avait une solution simple et peu couteuse à portée de main. Encore fallait-il faire preuve de volonté et de détermination scientifique, tout en évaluant raisonnablement la portée éthique de ces découvertes. Tout porte à croire que le Zombi peut conserver son jugement (dans sa plus grande partie) et que sa sensibilité nerveuse lui permet de faire de très longs efforts physiques sans ressentir la fatigue d'un travail. Il est parfaitement adapté à continuer à produire dans sa société tout en trouvant un bonheur dans le large partage de sa condition sociale. Plusieurs grands industriels m'ont déjà contacté pour subventionner une partie des travaux, et je compte organiser prochainement une conférence au Medef. C'est sur l'aspect reproductif que l'Homme Nouveau pose problème. En effet, la transformation bloque le développement de toutes les formes de vie en contact, y compris les nourrissons, nés ou in utero. Vous imaginez des beuglements ad vitam eternam ? Heureusement, par le cadre de la PMA pour tous, j'ai pu bénéficier de la création d'un humain pour le prix abordable de 15.000 $ (en recrutant une mère porteuse thailandaise, des ovocytes à Chypre et en donnant mon propre sperme). J'ai extrait le fœtus en gestation et ai boosté son développement en maintenant sa conscience sous sédation. Après une semaine de régime nutritif intensif en cuve d'incubation, j'ai obtenu un spécimen adulte, presque parfaitement formé, que j'ai pu alors transformer avant la naissance. Un résultat presque parfait, la non-vie avant la vie, la véritable identité zombie enfin mise à jour. J'attends d'autres financements pour pouvoir renouveler l'expérience à plus haute échelle, et peut être pour sélectionner les zombies ayant les meilleures qualités de leur communauté, afin de pouvoir mettre au monde les meilleurs représentants de leur populations et ainsi leur offrir enfin l'égalité ultime, que l'Ordre naturel lui-même leur refusait.

L'Homme Nouveau, une humanité au service de l'Efficacité


Votre travail visionnaire n'a jamais été pris au sérieux par la communauté scientifique, et vous avez fait l'objet de pressions durant vos recherches...
Je ne compte plus les agressions verbales et autres calomnies qui ont couru sur moi. Quand un détracteur manque de matière pour répondre à l'impartialité de mes travaux, il se jette forcément sur les arguments ad hominem, c'est bien connu. C'est toujours la jalousie qui couve en eux, ou la défiance vis-à-vis du progrès, qui leur fait remettre en question leur zone de confort. Vous savez, il existe dans toutes les grandes communautés des consensus dont la remise en question est taboue. Les climatosceptiques par exemple, qui subissent des intimidations ou des suspensions de crédits. Le consensus de la terre ronde, alors qu'elle est bombée à l'équateur et plate vers les pôles. Dans la communauté scientifique, il a été décidé que le fonctionnement du cerveau devait être conservé non-transformé, et depuis, une réticence constante, doublé d'un harcèlement judiciaire, accable tous les chercheurs qui tenteraient de percer dans le domaine. J'ai moi même dû fuir l'université où je faisais mes classes tant le harcèlement de mes collègues et les invectives de mes professeurs avaient pris des proportions systém(at)iques. J'ai dû apprendre sur le tas dans différents pays en guerre, où je pouvais aider de mes compétences médicales tout en avançant à petits pas. Et enfin, mes opinions m'ont conduit à faire de la prison, une période que j'ai heureusement pu rendre fructueuse en commuant mes travaux forcés avec un programme de recherche d'état, loin des regards du lobby scientifique, qui croyait en avoir fini avec moi.

"Le transhumanisme est déjà dépassé, embrassez la véritable chance qu'il nous reste d'évoluer !"


Merci professeur West pour ces brillantes avancées et pour si clairement mettre en relief la complexité de l'identité zombie à l'heure où elle subit toujours les mêmes persécutions que depuis son apparition à l'aube des temps. Les enjeux sont trop importants pour vouloir manipuler la vérité, il faut la présenter en pleine lumière au Monde ! Pendant trop longtemps, c'est un obscurantisme scientifique qui a maintenu dans l'ignorance les humains et même certains zombis qui assimilaient la propagande d'Etat. Ce temps est fini, le progrès est en marche, et les zombies, qui n'ont jamais consciemment opprimé d'autres peuples, méritent de remplacer une bonne fois pour toutes la bêtise humaine !

#greyskinmatters

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