L'ignoble diktat de la méritature

 Nous le savons tous, l'éducation est la discipline d'influence la plus importante dans le développement d'un pays, puisqu'elle forme les futures générations d'électeur.trice.s. A ce jeu, le gouvernement complice a fait la moitié du boulot, certes en dénonçant l'extrême droite et l'anti-européisme, mais en oubliant sa mission capitale d'acceptation et d'intégration des autres minorités, qu'elle soit religieuse, sexuelle ou ethnique. La conséquence de cette renonciation est le développement d'un déterminisme systémique dans le milieu scolaire qui aboutit constamment à la promotion des plus privilégiés (élèves blancs / de parents fortunés / talentueux) au détriment régulier du reste de la population lycéenne, souvent orientés dans l'impasse des lycées techniques. Ayant choisi de s'insurger contre cette discrimination basée sur le mérite, nous avons interrogé Kevin, un lycéen transformé qui réclame lui aussi sa chance.



Bonjour Kevin. Aujourd'hui, quel est le quotidien d'un lycéen transformé ?
C'est nul, on n'a plus droit à aucun respect. On pouvait s'intégrer dans des groupes d'amis et fréquenter des filles avant, choisir nos binômes dans les groupes de TP ou s'entraider en étude pour faire les devoirs. Plus rien de tout cela aujourd'hui, on a l'impression d'être des boucs et mystères. J'ai perdu tous les liens que j'avais avant la transformation, alors que je reste le même.

Et dans ce contexte, la réussite scolaire est en panne...
C'est absolument injuste ! Moi, je galère en mathématiques alors que d'autres élèves comme Henry, ils ne font jamais leurs devoirs et ils se tapent quand même des 15/20. Je n'arrive jamais à dépasser 5 ou 6. Et depuis le début de l'année c'est pareil ! Emma et sa bande sont des petites filles de bourges qui ont les moyens de se payer des profs personnels, pour augmenter leur niveau. Et puis, les temps de mémorisation et d'apprentissage entre les cours et les évaluations sont vraiment trop court. L'école n'est pas du tout adaptée au cycle de mémorisation des zombies, et elle ne veut pas s'améliorer à ce niveau. Les zombies sont incapables de mémoriser profondément une information à moins de la rendre instinctive, ce qui pose de graves problèmes pour ces matières scientifiques ou économiques (les matières littéraires étant plus souples pour les zombies NDLR). Et aujourd'hui, on veut nous faire accepter l'échec d'un système qui va déterminer la direction de notre vie. Ce n'est pas juste, et c'est pourquoi je veux qu'on passe au système d'attribution par tirage au sort. La détérioration du niveau scolaire va en augmentant (comme le nombre d'étudiants, grossis par l'arrivée massive de nouveaux réfugiés NDLR), ce qui montre l'inadaptation et l'inadéquation du système éducatif en place, et de plus en plus d'élèves sont touchés par la procédure de sélection partisane des universités. Il faut donc passer au tirage au sort, afin de rétablir l'équilibre avec tous ces gens privilégiés qui ne se sont jamais inquiétés pour leur avenir, qui n'ont jamais eu l'angoisse d'échouer, qui n'ont jamais cru pouvoir se retrouver en bas de l'échelle sociale. Et bien sûr donner leur chance à toute une génération qui n'a certes pas les mêmes capacités, mais qui mérite un travail et une chance d'améliorer sa condition. On ne peut enlever ce droit à quiconque.

Merci Kevin, pour ces révélations troublantes. Pour compléter ce portrait d'enquête, nous avons également contacté Brendon, un étudiant de première année en licence environnementale qui a bénéficié de la loterie d'attribution des places.



Bonjour Brendon ! Comment la loterie éducative a influencé votre parcours ?
Bonjour GreySkinMatters ! L'évolution a été considérable. Avant mon bac, tous mes conseillers en orientation me donnaient perdant et allant droit dans le mur, obligé de partir en formation professionnelle technique pour désengorger leur système éducatif. C'était tellement déprimant qu'il n'y avait même  plus besoin de faire des efforts, on connaissait déjà le résultat par avance. Mais la loterie a changé tout cela ! Alors que je n'avais décroché aucune mention et que je semblais destiné au refus dans toutes les univs, la sélection au hasard m'a propulsé dans la prestigieuse université des Chartreux, avec laquelle j'ai pu goûter aux joies de la vie étudiante. Ce sont les meilleures périodes de ma vie, c'est incroyable. Le niveau d'étude est très dur, mais on a accès à un tas d'évènements étudiants, beaucoup de liens sociaux et de tolérance, c'est incroyable. Il y a bien sûr encore quelques personnes bornées, mais globalement, ça fonctionne beaucoup mieux.

Il circule qu'une partie des étudiant.e.s sélectionné.e.s sont renvoyés en cours d'année faute du niveau nécessaire, vous êtes d'ailleurs dans ce cas.
Là n'est pas la question ! C'est d'offrir une chance à tous ceux qui sont les perdants de la méritocrature qui est important. Si cela profite seulement à quelques uns, c'est déjà énorme, un grand rétablissement de la balance. Ceux qui ont un meilleur niveau et qui s'estiment lésés dans leurs privilèges peuvent toujours aller dans une autre université, ou se lancer dans des études à l'étranger. Et pour ceux qui ne pourront pas passer la première année avec cette chance, quelques mois à prendre d'une vie faite de rencontres et d'expériences, qu'il faut avoir vécu, et dont il faut profiter. Les peaux grises ont droit aussi à avoir un accès aux études, nous pensons d'ailleurs créer un mouvement associatif étudiant, l'U.N.E.F. (Union Nécro des Etudiants de France, NDLR), pour l'inclusion des zombies dans les quotas gouvernementaux des minorités visibles à promouvoir. Il faut pérenniser l'inclusion, et assurer l'avenir de tous les zombi.e.s qui passeront après nous. En espérant maintenant qu'après s'être focalisé sur le tronc des sciences sociales, les zombies pourront étudier dans toutes les disciplines.

#greyskinmatters

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