Anthologie du cinéma zombie : films inclusifs ou propagandistes
Il convient de de parler à juste titre aujourd'hui de cinéma,car entre de bonnes ou de mauvaises mains, ces petites images que nous aimons tant regarder peuvent transmettre des messages de tolérance ou de haine. Car la question se pose finalement : quels sont les bons et les mauvais films de zombies, qui ont servi la cause ou continué à ostraciser cette paisible communauté.
Des bons et des mauvais films, il faut toutefois extraire la filmographie de Georges Romero. Nous le savons tous, Romero a été un précurseur, un avant-gardiste qui a enfin montré le zombi tel qu'il était (et non plus comme une pratique de sorcellerie vaudou, image colonialiste véhiculée par l'intelligentia blanche hétéro des années précédentes). Si ses premiers essais ont créés les standards du genre zombi (ainsi que la malheureuse généralisation des comportements agressifs qui leurs sont imputés), il a fait très vite preuve d'une grande sensibilité envers les communautés malmenées, à commencer par celle des noirs dans la très maintenant culte Nuit des morts vivants. Une juste dénonciation du consumérisme et de l’appétit vorace de l'humanité dans le cultissime Dawn of the dead confirme tout le talent du bonhomme, que la charge des militaires cis blanc hétéro vient conforter dans le non moins excellent Day of the dead. Si les zombies tiennent une place plutôt sommaire dans les premiers films, nous constatons une évolution de leur perception. D'une menace implacable, ils deviennent une foule hagarde, perdue, puis une masse opprimée par les rares survivants qui revendiquent leur humanité en enchaînant les head-shots. A ce titre, il est agréable de mentionner l'excellente ambiance des plateaux de tournage, où le professionnalisme et l'implication de Georges Romero ont grandement contribué au respect des zombis figurants sur ses différents tournages. Avec sa nouvelle trilogie, le réalisateur de génie confirme la réhabilitation qu'il amorçait dans sa conclusion avec le démentiel Land of the Dead, qui humanise ses zombies et ne cesse de dénoncer les hypocrisies du genre humain, de l'ingérence états-unienne aux barrières des frontières de la ville (écho aux aberrations de Trump pour régler le "problème" des cartels et des migrations, alors que chacun sait où nous ont mené de telles mesures. #thisisnotamerica).
Nous avons réalisé une adaptation du test de Bechdel à la communauté zombie. Si les zombies ne montrent pas de signe d'intelligence et que les violences à leur encontre sont encouragées, ainsi que des postures non progressistes, alors le film ne saurait être validé par notre association.
Voici donc un classement (non exhaustif) des films vus par les rédacteurs de ce blog, classés ici selon leurs critères de tolérance ou d'oppression du genre zombie :
Liste favorable :
Zombie stripper : Voilà un sacré film faisant la promotion de la femme, en la personne de Jenna Jameson qui devient une bombe sexuelle châtiant les hommes pour leurs instincts lubriques. On a flirté avec le carton rouge pour la séquence NRA, mais le reste du film relève clairement l'affront de l'infâme Doghouse.
Frayeurs : Aussi curieux que cela puisse paraître ici, Fulci a souvent sorti de leur contexte les zombies pour leur associer une ambiance toute particulière, ici empreinte d'une grâce et d'un style inhabituel, nettement plus joli que les outrances habituelles. Le zombie y devient une icône fantastique à part entière, à l'image d'un Christopher Lee en dracula courroucé par les moeurs catholiques pudibondes de ses invités.
Zombinladden : Non seulement un revenge movie jouissif au regard de la politique étrangère de nos états occidentaux colonialistes, mais également une véritable satire de notre société française touristique, exploitant ses visiteurs sans faire preuve de la moindre tolérance quand les choses se passent mal.
28 semaines plus tard : Une gestion réaliste des réactions autoritaires de l'armée qui ne sont pas sans nous rappeler les pogroms des années 30. Une véritable leçon d'humanité.
Le retour des morts vivants 3 : Pionnier de la libération sexuelle dans le genre zombie, un cru de toute beauté, qui mise à fond sur le potentiel de séduction de son héroïne zombifiée, qui a mis en PLS le patriarcat hétéro de son époque. Et en plus, les expérimentations médicales scandaleuses de l'armée y sont dénoncées !
Le retour des morts vivants : Au delà du buzz autour de la nudité de la punk de service (un avant-gardisme promouvant déjà la banalisation du corps féminin avec un avant-goût du mouvement FEMEN), le film possède deux excellentes qualités : une dénonciation environnementale de la pollution que l'homme ne cesse de généraliser, mais aussi des zombies ayant conservé une conscience. L'évolution de ce simple cliché constitue une révolution dans le genre, et le caractère culte de ce film se mérite donc pour l'énorme élan d'humanisation qu'il a su insuffler à ses personnages.
Dellamorte Dellamore : Encore de la romance avec des zombies, car on ne cesse de le dire, les relations proches, voire amoureuses, sont tout à fait possibles entre vivants et non-vivants, car il n'y a aucune barrières à l'amour entre deux êtres. On a donc une passion enfiévrée ici, sublimée par la caméra de l'italien Soavi qui développe une esthétique admirable tout en ce moquant de la société des bonnes moeurs italienne de son époque.
Zombie of mass destruction : Défense des identité.e.s (les homosexuels, les musulmans intégrés et pacifiques, les noirs, les démocrates) et dénonciation de l'hétéro-patriarcat blanc raciste homophobe, ainsi que de l'odieuse religion chrétienne qui a tant opprimé par le passé ces minorités. Ce film est un modèle dans son genre, même si il assimile un peu zombies et beaufs redneck intolérants. On lui pardonne devant autant de bonnes dispositions à la lutte contre l'ennemi intérieur.
Le lac des morts vivants : Dans la même catégorie que Frayeurs, on trouve le genre zombie placé dans un contexte d'ambiance très décalée, où les monstres ne sont finalement pas si monstrueux, et même touchants sur bien des aspects. Même si les zombies sont d'anciens nazis (nous avons été tenté de disqualifier le film pour cette raison), ils restent des hommes, parfois encore amoureux ou conscients de leurs attaches sentimentales. Pendant que les hommes, composés de paysans illettrés et de politicards sans scrupules fomentent leur éradication.
Mutants : Une réelle humanisation du zombie qui, malgré sa monstruosité, conserve une part d'humanité, à la différence de la majorité des survivants.
The Dead : Un curieux mélange communautaire qui fait le postulat de montrer la réalité du Cameroun, les tensions entre villages et groupes de zombies, ainsi que les particularités locales. Original et dépaysant, même si un soupçon d'hostilité à l'encontre des zombies plane sur le long métrage.
The revenant : Les héros blancs sont des beaufs finis et absolument ridicules, ce qui fait finalement de ce film une bonne petite comédie, avec des situations politiques intéressantes, une dénonciation de l'armée et des situations finalement plus intelligentes et mieux traitées que ce que le film laissait craindre. Une bonne surprise.
Warm bodies : Probablement un des meilleurs de son genre. Non content d'avoir un réel message d'invitation à la tolérance et au rapprochement par l'amour, le film calibré pour le jeune public donne de l'originalité et de l'humanité aux zombies, laissant de la place à l'espoir pour des jours meilleurs et une place enfin méritée dans notre société passéiste.
L'étrange pouvoir de Norman : Superbe film pour enfant qui, au delà de l'hommage fait à la nostalgie des années 80 (époque affreuse de génocide pour les zombies, mais bon, l'image qu'on vend des années 80 ne reflète pas la réalité), invite à la compréhension et à la tolérance pour les zombies, confrontés à l'obscurantisme et l'intolérance d'une population rurale américaine. On note en plus la mention d'un personnage secondaire ouvertement gay, ce qui ne manque pas de sel à notre époque où la manif pour tous n'a toujours pas été dissoute.
LA Zombie : Un film sulfureux et audacieux, qui ose faire d'un zombie homosexuel une véritable icône de séduction et une ouverture à l’hédonisme et au partage dans la diversité. Un véritable miracle que seul un artiste underground comme Bruce Labruce pouvait oser.
Zombie the beginning : Nous n'avons rien compris au film. Et une audace incroyable à la fin qui relie zombies et droit à l'avortement sous l'oeil concédant d'une couille géante (symbole de l'hétéro-patriarcat). Héroïne féminine et machination capitaliste de la société blanche occidentale ont fini par nous convaincre.
Liste des heures sombres de notre histoire :
Shaun of the dead : Une histoire d'amour bâtie sur une montagne de cadavres. Blessant et insultant envers les générations de zombies qui continuent de tomber sous les balles. La séquence d'imitation des zombies a été l'une des plus difficiles à regarder tellement le cynisme et la haine transpiraient au travers de la pellicule. Nous nous sentions sales rien qu'en restant assis à fixer l'écran.
House of the dead : La plus basique de toutes les formules du navet lambda exploitant les zombies comme un punching ball. Mal filmé, mal joué, absolument débile dans la forme et moralement puant dans sa banalisation de la Haine.
Resident evil : Toute la saga est à jeter. Entre l'ensemble des personnages zombies déshumanisés et les méchants zombis mutants voulant asservir la planète, cette saga opportuniste se contente d'exploiter le filon en y ajoutant des effets spéciaux moches et des raccourcis idéologiques nauséabonds qui formatent des millions de cerveaux sur la communauté zombie. Une arme véritable de déstabilisation massive.
Rec : Des pompiers qui tabassent d'innocents zombies, mais qui après viennent se plaindre aux infos qu'on caillasse leurs camions quand ils se déplacent dans les quartiers populaires... Une hypocrisie sans nom qui nous empêche d'apporter tout crédit à ce projet qui, il faut l'admettre, possède une bonne capacité immersive.
Rec 2 : Les zombies y sont de véritables caricatures possédées par des démons catholiques. Voir ça au XXIème siècle, c'est quand même grave. Même si beaucoup de flics meurent, il n'est pas recevable.
Braindead : On se croirait dans un Disney des années 30. Une caricature de propagande beauf qui prétend faire passer ses plus odieux messages sous couvert de l'humour.
Doghouse : Apologie de l'hétéro patriarcat, avec toutes la misogynie et la nécrophobie qu'on peut trouver chez nos mâles occidentaux dominateurs.
Bienvenue à zombieland : Nous traiterons plus en détail de cette oeuvre dans l'article "Grossophobie, nouveau fléau".
La horde : Un film qui prône l'union de toutes les communautés, néo-nazis inclus, contre les zombies. Dégueulasse et même raciste dans sa représentation des afros-français qui se comportent tous comme des membres de gangs.
L'armée des morts : Tuer des zombies devient un passe-temps soumis à humour, on humanise davantage les personnages que les zombies qu'ils abattent, l'héroïne abandonne son mari alors qu'il est complètement désorienté par sa récente transformation... Le film ne manque pas de nous rappeler pourquoi il faut opprimer les zombies. Triste et régressif, une insulte à l'original de Romero.
La nuit des morts vivants (remake) : Une odieuserie ! Le seul personnage non transformé prenant le parti des zombies (le père de famille, subtilement interprété par Tom Towles) fini exécuté et brûlé sur un bûcher par une hystérique de droite, les zombies sont pendus aux arbres et brûlés. Encore une fois, Romero désapprouve totalement ce que l'on fait avec ses créations.
Planète terreur : Un happening beauf tout à la gloire des seins de Rose McGowan, de blagues sur les infirmes, d'exécutions sommaires et de légitimisations des assassins (le héros est un chef de gang latino, on assimile zombies et militaires...). Peu surprenant de la part du réalisateur de Spy kids et The Faculty (où une lesbienne redevenait hétéro pour un mâle blanc drogué, bonjour le progrès !).
28 jours plus tard : Pour un peu, on pourrait croire que le réalisateur trouve la situation de ses personnages cool. On cambriole une grande surface dans la joie et la bonne humeur, on dégrade des biens publiques en prétendant fuir des zombies qu'on a soit-même provoqué, on termine tout en étant joyeux et en ayant survécu. Malgré la dénonciation des frustrations sexuelles propres aux militaires, c'est une impasse pour Danny Boyle.
Abraham lincoln tueur de zombie : Même si le sujet historique des répressions de zombies à l'époque méritait d'être révélé au monde (aucune visibilité des zombies dans les documents précédant le XIXème), le film fait preuve d'un révisionnisme consternant en inversant totalement les rôles des zombies en menace oppressive et des colons blancs en victimes prenant leur revanche. Légitimer les tueries après qu'elles aient eu lieu, c'est aussi grave que ceux qui ont eux même tué.
World war Z : Rarement une telle bande de personnages principaux nous aura autant agacé durant le visionnage d'un film. Toujours à étaler cet amour familial, ces petites craintes bourgeoises et tracas concernant le goût de l'eau bien à l’abri dans leur bateau de privilégiés alors que des gens et des zombies meurent un peu partout dans le monde déchirés par les tensions sociales. On pensait que le passage par Israël pourrait apporter de l'espoir, mais on se croirait dans l’Amérique de Trump en face du soit disant "problème" des migrants. Et le placement produit pour Pepsi le plus infâme qu'on ait osé ces dernières années.
Des bons et des mauvais films, il faut toutefois extraire la filmographie de Georges Romero. Nous le savons tous, Romero a été un précurseur, un avant-gardiste qui a enfin montré le zombi tel qu'il était (et non plus comme une pratique de sorcellerie vaudou, image colonialiste véhiculée par l'intelligentia blanche hétéro des années précédentes). Si ses premiers essais ont créés les standards du genre zombi (ainsi que la malheureuse généralisation des comportements agressifs qui leurs sont imputés), il a fait très vite preuve d'une grande sensibilité envers les communautés malmenées, à commencer par celle des noirs dans la très maintenant culte Nuit des morts vivants. Une juste dénonciation du consumérisme et de l’appétit vorace de l'humanité dans le cultissime Dawn of the dead confirme tout le talent du bonhomme, que la charge des militaires cis blanc hétéro vient conforter dans le non moins excellent Day of the dead. Si les zombies tiennent une place plutôt sommaire dans les premiers films, nous constatons une évolution de leur perception. D'une menace implacable, ils deviennent une foule hagarde, perdue, puis une masse opprimée par les rares survivants qui revendiquent leur humanité en enchaînant les head-shots. A ce titre, il est agréable de mentionner l'excellente ambiance des plateaux de tournage, où le professionnalisme et l'implication de Georges Romero ont grandement contribué au respect des zombis figurants sur ses différents tournages. Avec sa nouvelle trilogie, le réalisateur de génie confirme la réhabilitation qu'il amorçait dans sa conclusion avec le démentiel Land of the Dead, qui humanise ses zombies et ne cesse de dénoncer les hypocrisies du genre humain, de l'ingérence états-unienne aux barrières des frontières de la ville (écho aux aberrations de Trump pour régler le "problème" des cartels et des migrations, alors que chacun sait où nous ont mené de telles mesures. #thisisnotamerica).
Nous avons réalisé une adaptation du test de Bechdel à la communauté zombie. Si les zombies ne montrent pas de signe d'intelligence et que les violences à leur encontre sont encouragées, ainsi que des postures non progressistes, alors le film ne saurait être validé par notre association.
Voici donc un classement (non exhaustif) des films vus par les rédacteurs de ce blog, classés ici selon leurs critères de tolérance ou d'oppression du genre zombie :
Liste favorable :
Zombie stripper : Voilà un sacré film faisant la promotion de la femme, en la personne de Jenna Jameson qui devient une bombe sexuelle châtiant les hommes pour leurs instincts lubriques. On a flirté avec le carton rouge pour la séquence NRA, mais le reste du film relève clairement l'affront de l'infâme Doghouse.
Frayeurs : Aussi curieux que cela puisse paraître ici, Fulci a souvent sorti de leur contexte les zombies pour leur associer une ambiance toute particulière, ici empreinte d'une grâce et d'un style inhabituel, nettement plus joli que les outrances habituelles. Le zombie y devient une icône fantastique à part entière, à l'image d'un Christopher Lee en dracula courroucé par les moeurs catholiques pudibondes de ses invités.
Zombinladden : Non seulement un revenge movie jouissif au regard de la politique étrangère de nos états occidentaux colonialistes, mais également une véritable satire de notre société française touristique, exploitant ses visiteurs sans faire preuve de la moindre tolérance quand les choses se passent mal.
28 semaines plus tard : Une gestion réaliste des réactions autoritaires de l'armée qui ne sont pas sans nous rappeler les pogroms des années 30. Une véritable leçon d'humanité.
Le retour des morts vivants 3 : Pionnier de la libération sexuelle dans le genre zombie, un cru de toute beauté, qui mise à fond sur le potentiel de séduction de son héroïne zombifiée, qui a mis en PLS le patriarcat hétéro de son époque. Et en plus, les expérimentations médicales scandaleuses de l'armée y sont dénoncées !
Le retour des morts vivants : Au delà du buzz autour de la nudité de la punk de service (un avant-gardisme promouvant déjà la banalisation du corps féminin avec un avant-goût du mouvement FEMEN), le film possède deux excellentes qualités : une dénonciation environnementale de la pollution que l'homme ne cesse de généraliser, mais aussi des zombies ayant conservé une conscience. L'évolution de ce simple cliché constitue une révolution dans le genre, et le caractère culte de ce film se mérite donc pour l'énorme élan d'humanisation qu'il a su insuffler à ses personnages.
Dellamorte Dellamore : Encore de la romance avec des zombies, car on ne cesse de le dire, les relations proches, voire amoureuses, sont tout à fait possibles entre vivants et non-vivants, car il n'y a aucune barrières à l'amour entre deux êtres. On a donc une passion enfiévrée ici, sublimée par la caméra de l'italien Soavi qui développe une esthétique admirable tout en ce moquant de la société des bonnes moeurs italienne de son époque.
Zombie of mass destruction : Défense des identité.e.s (les homosexuels, les musulmans intégrés et pacifiques, les noirs, les démocrates) et dénonciation de l'hétéro-patriarcat blanc raciste homophobe, ainsi que de l'odieuse religion chrétienne qui a tant opprimé par le passé ces minorités. Ce film est un modèle dans son genre, même si il assimile un peu zombies et beaufs redneck intolérants. On lui pardonne devant autant de bonnes dispositions à la lutte contre l'ennemi intérieur.
Le lac des morts vivants : Dans la même catégorie que Frayeurs, on trouve le genre zombie placé dans un contexte d'ambiance très décalée, où les monstres ne sont finalement pas si monstrueux, et même touchants sur bien des aspects. Même si les zombies sont d'anciens nazis (nous avons été tenté de disqualifier le film pour cette raison), ils restent des hommes, parfois encore amoureux ou conscients de leurs attaches sentimentales. Pendant que les hommes, composés de paysans illettrés et de politicards sans scrupules fomentent leur éradication.
Mutants : Une réelle humanisation du zombie qui, malgré sa monstruosité, conserve une part d'humanité, à la différence de la majorité des survivants.
The Dead : Un curieux mélange communautaire qui fait le postulat de montrer la réalité du Cameroun, les tensions entre villages et groupes de zombies, ainsi que les particularités locales. Original et dépaysant, même si un soupçon d'hostilité à l'encontre des zombies plane sur le long métrage.
The revenant : Les héros blancs sont des beaufs finis et absolument ridicules, ce qui fait finalement de ce film une bonne petite comédie, avec des situations politiques intéressantes, une dénonciation de l'armée et des situations finalement plus intelligentes et mieux traitées que ce que le film laissait craindre. Une bonne surprise.
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| On croirait presque à une campagne de prévention gouvernementale |
Warm bodies : Probablement un des meilleurs de son genre. Non content d'avoir un réel message d'invitation à la tolérance et au rapprochement par l'amour, le film calibré pour le jeune public donne de l'originalité et de l'humanité aux zombies, laissant de la place à l'espoir pour des jours meilleurs et une place enfin méritée dans notre société passéiste.
L'étrange pouvoir de Norman : Superbe film pour enfant qui, au delà de l'hommage fait à la nostalgie des années 80 (époque affreuse de génocide pour les zombies, mais bon, l'image qu'on vend des années 80 ne reflète pas la réalité), invite à la compréhension et à la tolérance pour les zombies, confrontés à l'obscurantisme et l'intolérance d'une population rurale américaine. On note en plus la mention d'un personnage secondaire ouvertement gay, ce qui ne manque pas de sel à notre époque où la manif pour tous n'a toujours pas été dissoute.
LA Zombie : Un film sulfureux et audacieux, qui ose faire d'un zombie homosexuel une véritable icône de séduction et une ouverture à l’hédonisme et au partage dans la diversité. Un véritable miracle que seul un artiste underground comme Bruce Labruce pouvait oser.
Zombie the beginning : Nous n'avons rien compris au film. Et une audace incroyable à la fin qui relie zombies et droit à l'avortement sous l'oeil concédant d'une couille géante (symbole de l'hétéro-patriarcat). Héroïne féminine et machination capitaliste de la société blanche occidentale ont fini par nous convaincre.
Liste des heures sombres de notre histoire :
Shaun of the dead : Une histoire d'amour bâtie sur une montagne de cadavres. Blessant et insultant envers les générations de zombies qui continuent de tomber sous les balles. La séquence d'imitation des zombies a été l'une des plus difficiles à regarder tellement le cynisme et la haine transpiraient au travers de la pellicule. Nous nous sentions sales rien qu'en restant assis à fixer l'écran.
House of the dead : La plus basique de toutes les formules du navet lambda exploitant les zombies comme un punching ball. Mal filmé, mal joué, absolument débile dans la forme et moralement puant dans sa banalisation de la Haine.
Resident evil : Toute la saga est à jeter. Entre l'ensemble des personnages zombies déshumanisés et les méchants zombis mutants voulant asservir la planète, cette saga opportuniste se contente d'exploiter le filon en y ajoutant des effets spéciaux moches et des raccourcis idéologiques nauséabonds qui formatent des millions de cerveaux sur la communauté zombie. Une arme véritable de déstabilisation massive.
Rec : Des pompiers qui tabassent d'innocents zombies, mais qui après viennent se plaindre aux infos qu'on caillasse leurs camions quand ils se déplacent dans les quartiers populaires... Une hypocrisie sans nom qui nous empêche d'apporter tout crédit à ce projet qui, il faut l'admettre, possède une bonne capacité immersive.
Rec 2 : Les zombies y sont de véritables caricatures possédées par des démons catholiques. Voir ça au XXIème siècle, c'est quand même grave. Même si beaucoup de flics meurent, il n'est pas recevable.
Braindead : On se croirait dans un Disney des années 30. Une caricature de propagande beauf qui prétend faire passer ses plus odieux messages sous couvert de l'humour.
Doghouse : Apologie de l'hétéro patriarcat, avec toutes la misogynie et la nécrophobie qu'on peut trouver chez nos mâles occidentaux dominateurs.
Bienvenue à zombieland : Nous traiterons plus en détail de cette oeuvre dans l'article "Grossophobie, nouveau fléau".
La horde : Un film qui prône l'union de toutes les communautés, néo-nazis inclus, contre les zombies. Dégueulasse et même raciste dans sa représentation des afros-français qui se comportent tous comme des membres de gangs.
L'armée des morts : Tuer des zombies devient un passe-temps soumis à humour, on humanise davantage les personnages que les zombies qu'ils abattent, l'héroïne abandonne son mari alors qu'il est complètement désorienté par sa récente transformation... Le film ne manque pas de nous rappeler pourquoi il faut opprimer les zombies. Triste et régressif, une insulte à l'original de Romero.
La nuit des morts vivants (remake) : Une odieuserie ! Le seul personnage non transformé prenant le parti des zombies (le père de famille, subtilement interprété par Tom Towles) fini exécuté et brûlé sur un bûcher par une hystérique de droite, les zombies sont pendus aux arbres et brûlés. Encore une fois, Romero désapprouve totalement ce que l'on fait avec ses créations.
Planète terreur : Un happening beauf tout à la gloire des seins de Rose McGowan, de blagues sur les infirmes, d'exécutions sommaires et de légitimisations des assassins (le héros est un chef de gang latino, on assimile zombies et militaires...). Peu surprenant de la part du réalisateur de Spy kids et The Faculty (où une lesbienne redevenait hétéro pour un mâle blanc drogué, bonjour le progrès !).
28 jours plus tard : Pour un peu, on pourrait croire que le réalisateur trouve la situation de ses personnages cool. On cambriole une grande surface dans la joie et la bonne humeur, on dégrade des biens publiques en prétendant fuir des zombies qu'on a soit-même provoqué, on termine tout en étant joyeux et en ayant survécu. Malgré la dénonciation des frustrations sexuelles propres aux militaires, c'est une impasse pour Danny Boyle.
Abraham lincoln tueur de zombie : Même si le sujet historique des répressions de zombies à l'époque méritait d'être révélé au monde (aucune visibilité des zombies dans les documents précédant le XIXème), le film fait preuve d'un révisionnisme consternant en inversant totalement les rôles des zombies en menace oppressive et des colons blancs en victimes prenant leur revanche. Légitimer les tueries après qu'elles aient eu lieu, c'est aussi grave que ceux qui ont eux même tué.
World war Z : Rarement une telle bande de personnages principaux nous aura autant agacé durant le visionnage d'un film. Toujours à étaler cet amour familial, ces petites craintes bourgeoises et tracas concernant le goût de l'eau bien à l’abri dans leur bateau de privilégiés alors que des gens et des zombies meurent un peu partout dans le monde déchirés par les tensions sociales. On pensait que le passage par Israël pourrait apporter de l'espoir, mais on se croirait dans l’Amérique de Trump en face du soit disant "problème" des migrants. Et le placement produit pour Pepsi le plus infâme qu'on ait osé ces dernières années.

































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RépondreSupprimerPar "image colonialiste" concernant le zombie vaudou, nous tenons à préciser que nous ne voulons en aucun cas critiquer ou diaboliser la culture tribale africaine. Nous critiquons l'appropriation culturelle propre à la sous-humanité cis blanche qui s'est appropriée culturellement le mythe du vaudou zombie afin de rabaisser les deux, en donnant aux populations racisées une image de sauvages obscurantistes et aux zombies des airs de pantins sans conscience. Des heures sombres que nous n'oublierons pas de sitôt.
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